Réunion lontan
Ti train Lontan, tout un voyage
Publié : samedi 3 avril 2010 à 08:37
- Modifié : 3/04/2010 à 17:48
Alcide après avoir passé avec succès son Brevet Elémentaire, avait obtenu une bourse pour obtenir son diplôme de l’école normal d’instituteur. Nous étions au mois de juin 1911 lorsque Firmin, le frère ainé d’Alcide, se démit une épaule sur un chantier de maçonnerie. Guillaume décida que lui et sa petite sœur Rose partiraient pour les vacances aider leur frère dans le sud. Firmin, alors âgé de trente ans, avait déjà 5 enfants à nourrir. Il était convenu que Rose s’occuperait des enfants, ce qui permettrait à leur belle sœur de prendre un emploi d’aide ménagère pendant qu’Alcide s’occuperait des bêtes, et du potager.
Le départ se préparait donc pour les deux jeunes gens. La veille, Joséphine était descendue à la rivière laver leur linge. A l’aide de feuilles de longuoze, elle frottait longuement les tissus déjà bien élimés, avant de les laisser sécher au soleil, étendus sur les galets. Alcide avait soigneusement emballé des gâteaux manioc dans des feuilles figues, ce qui constituerait leur repas de la journée. Ce soir là, à l’idée de l’aventure qui l’attendait, Alcide s’était endormi difficilement. C’était la première fois qu’il monterait dans le ti train, lui qui était si souvent allé l’admirer passer sur le front de mer.
Guillaume avait secoué ses enfants vers 4 heures du matin, une heure de marche les séparait de la gare de St Denis d’où partait le ti-train de 6 heures pour St Pierre. Une grande agitation régnait sur place. Le train était déjà là, monstre de métal, grondant sourdement. Sur un banc, une gramoune se signait en jetant des regards effrayés vers les wagons par lesquelles elle allait bientôt devoir se laisser engloutir. La salle d’attente était bondée de voyageurs chargés de paquets les plus divers : volailles, grosse malles, sac de grains, paniers débordant d’artisanat. Des enfants excités courraient en tout sens pendant que, sur le quai, une dizaine de gaillards déchargeaient les wagons de marchandises arrivés la veille du port. Un bric à brac s’entassait sur les quais ; riz en gonis, ballots de tissus, matériel de construction, grosses caisses de bois couvertes d’inscriptions chinoises, cubes de savon et même deux grandes armoires destinées surement à quelques riches famille dyonisienne. Impatients, quelques commerçants attendaient de pouvoir charger à leur tour les marchandises qui partiraient pour le Port, ou aux quatre coins de l’ile.
Le chef de gare était debout à l’entré de son compartiment, prêt à donner le signal de l’ouverture des portes, une fois les derniers wagons chargés. Chacun se préparait, guettant son coup de sifflet afin d’être sûr d’obtenir les meilleures places assises. Alcide et sa sœur, s’engouffrèrent dans le wagon jouxtant celui de la poste et glissèrent sous leur banquette en bois leur maigre paquetage. Ils étaient douze dans leur compartiment, sans compter les quelques personnes qui, moins prestes, devraient faire le voyage debout aux portières…
La cloche signalant le départ sonna, aussitôt suivi du coup de sifflet du chef de gare puis, de celui plus assourdissant de la locomotive. Le train s’ébranla, doucement d’abord jusqu’à la caserne Lambert ou les tchtchou s’emballèrent pour lui donner sa vitesse de croisière : 25 kilomètre heure. Pendant les 6 heures que durèrent le voyage, Alcide pour la première fois découvrit la côte ouest de son île. Au Port, d’abord, le ti train s‘arrêta un long moment. Alcide en profita pour descendre voir les manœuvres. On détachait les wagons de marchandises vides qui revenaient de Saint Denis, et on accrochait les wagons chargés de biens en provenance des bateaux du Port. Rose acheta sur le quai un cornet de jujube qu’ils partagèrent entre Le Port et Saint Paul en admirant la rivière des galets et son pont, un des plus longs du parcours. Les enfants devinèrent les reflets de l’étang Saint Paul dont leur avait parlé leur père, derrière une épaisse rangée de Tamarins de l’Inde. A Saint gilles, tout en admirant une longue forêt de Filaos qui s’étendait en bord de lagon sur une dizaine de kilomètres, ils déballèrent les feuilles figue qui avaient su conserver leurs gâteaux à peu prêt frais malgré la chaleur étouffante. Rose s’assoupit et Alcide découvrit seul le long parcours entre saint Gilles et Saint Leu avec le viaduc de trois bassins, Grande Ravine, Colimaçons et Petite Ravine. Rose se réveilla brusquement en gare de Saint Leu incommodée par les fortes odeurs d’iode. Les marchands ambulants secouaient aux portières des homards et des grappes de poissons. Entre Saint Leu et l’Etang Salé, le train serpentât un moment dans une zone aride, ou seul semblait pousser des rochers noirs au milieu d’une végétation assoiffée.
Puis vinrent la gare de Saint louis, la rivière saint Etienne, le long cou de l’usine de Pierrefond, la Ravine Blanche et, enfin, Saint Pierre.
Les enfants bondirent sur le quai fouillant du regard la foule des parents, et amis venus accueillir les voyageurs. Dans un brouhaha de cris de joie et d’embrassade, Alcide entendit crier son nom.
- Alcide ! Mais ou les noirs com’ charbon ! s’exclama sa belle sœur.
Alcide et sa sœur se regardèrent. Fascinés par tout ce qu’ils avaient vus dans la matinée, ils n’avaient pas remarqué les volutes noires de fumée du ti train qui fuyaient le long de son toit. Cette fumée était entrée dans leur wagon de queue pour fariner une petite pluie noire sur les vêtements lavés si soigneusement par Joséphine la veille.
A suivre...
(Semaine prochaine ; la décapitation de Sitarane)
Vos réactions :
il y a 2 réactions.TRAM-TRAIN-REUNION : L’ESPOIR.
TRAM-TRAIN-REUNION : 'L'engagement loyal'.Un consensus autour du tram-train-Réunion est vital pour nous tous. Tram-train-Réunion : Une solution aux problèmes d'urbanisation. La balle est dans le 'bon camp',quitte à y apporter quelques 'ajustements'.Tous ensemble, allons plus vite et plus loin. Avançons.
DU TI TRAIN LONTAN AU TRAM TRAIN !
Du ti train lontan au tram train : Que de chemin parcouru ! Partout,le progrès s'achève.... A la Réunion, un tram-train pour un million d'habitants. La 'star' se prépare. La voie est ouverte. Feu vert pour le tram-train. Ce n'est pas un écran de fumée. L'ouverture de la concertation est bien réelle. Partout les langues se délient. 'La Star -Réunion', transcende, se surpasse bien au-delà d'une 'image écolo' , bien au-delà des clivages politiques. 'C'est une métropole en miniature à l'échelle internationale'. Comme dans toutes les métropoles d'Europe, la 'star' sera implantée en tant que complément des autres moyens de transports collectifs et soulagera, j'en suis sûr un réseau du 'tout-auto ' déjà saturé et asphixié. Sur un espace restreint de 2512 km2 où vivent 817000 âmes en 2010, une politique ambitieuse est vitale pour nous tous. Si l'on estime que les membres de la diaspora représentent le quart de la population réunionnaise, alors le chiffre est largement atteint : I million de réunionnais à travers le monde. De plus avec les 200 000 âmes qui vont grossir les rangs de la population d'ici 20 ans, nul doute, la communauté réunionnaise existe bel et bien. Du beau monde en perspective. Un monde connue et reconnue, avec 'son savoir-faire' , 'son savoir-être'. L'image est positive : Bâtir un modèle de développement durable. Le défi du XXI ème siècle est lancé. Le chemin de la cohésion sociale et du développement tracé. Alors la 'star', sourira. Avec l'ouverture du trafic aérien , l'arrivée de l'A380, la généralisation et la démocratisation des technologies de l'information et de la communication, la Réunion s'ouvre sur le monde et devient un lien d'échanges et de mise en relation entre migrants du monde, migrants et iliens et gens de passage qui viennent visiter son volcan et ses coulées (500 000 touristes sont attendus avant 2015 dans l''île solaire). ' La Réunion : 'un monde ici et maintenant'. ' La Réunion en confiance' pour mieux se déplacer et mieux vivre'.......................................................... Et pour nos frères chinois, que du bonheur ! Le progrès ne s'arrête pas......... La chine avec un investissement de 300 milliards de dollards , compte être dotée de 120000kms de lignes d'ici 20 ans, (86000 kms actuellement ). Du beau travail en perspective ! Qui l'aurait cru ? La chine carbure. Elle a même des ambitions à l'international et souhaite exporter son 'savoir faire' à travers le monde. Quelle chance ! La France, quant à elle ne cesse de progresser dans la technologie ferroviaire et appuie également de plus en plus sur le champignon ,record vitesse TGV : 574,8km/h . Ce nouvel exploit confirme indéniablement le succès de TGV en France depuis plus de Vingt cinq ans et favorise le développement et le désenclavement des métropoles régionales et européennes. Symbole du développement durable, 'le rail commercial' n'a pas fini de nous surprendre et il s'impose un peu partout dans le monde . ........... Par exemple ,Ligne TGV Tours-Bordeaux : Un modèle ! Ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux : 302kms. Un mégacontrat de près de 8 milliards d'euros. Bordeaux à 2H05 de Paris pour fin 2016. Chapeau ! 12000 emplois à la clef par an. Un rêve ! Bravo et félicitations à toute l'équipe qui a mis en place ce beau projet, l'un des plus grands chantiers du monde. Le logo est excellent et donne certainement envie :"Les vrais réussites sont celles que l'on partage".
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