Réunion lontan
Le ti train Lontan : Questions à Jean- Francois Geraud
Publié : vendredi 2 avril 2010 à 11:37
- Modifié : 2/04/2010 à 11:47
Le Centre de Recherche sur les sociétés de l’océan Indien est le Centre d’Histoire de l’Université de La Réunion. Les recherches des historiens de ce centre de recherches portent sur plusieurs champs(colonisation /décolonisation, histoire de l’esclavage, histoire politique, histoire culturelle, histoire des sports et des pratiques corporelles, études historiques des patrimoines, des tourismes, histoire de l’archéologie....)
Pour plus de précisions, nous renvoyons vers le site internet du CRESOI
Jean-Francois Geraud est maitre de conférence en Histoire contemporaine à l’université de la Réunion.
Vous pouvez retrouver la liste de ses publications ici
1. Quand a débutée la construction du ti train longtemps et combien de temps cela a t-il prit ?
Dès la fin des années 1850, on envisage comme réalisable la construction d’un chemin de fer à La Réunion. Le premier projet sera véritablement mis en forme en 1865, à l’instigation du sénateur Hubert –Delisle, ancien gouverneur, appuyé par le journaliste Alexandre de La Serve, qui sera plus tard sénateur ; mais il faut attendre 1875 pour qu’un accord entre décideurs et investisseurs soit trouvé, et encore deux ans pour que les dispositions législatives soient arrêtées. Les travaux débutent fin février 1878, et durent jusqu’à la mi février 1882, employant plus de 15 000 travailleurs, pour l’essentiel des Créoles (mais il y eut aussi des artificiers Piémontais, etc.). Le 5 juillet 1882, la mise en exploitation, de Saint-Benoît à Saint-Pierre, est autorisée. La construction a nécessité, en cette terre coloniale, de véritables exploits techniques, comme la construction de viaducs (Grande Ravine, 1881 : 142 m de long portés par 18 arches !), et surtout du 3e tunnel au monde pour l’époque, celui de l’entrée de Saint-Denis à La Possession, 10 500 m en quatre tronçons !
2. Qu’est ce qui explique son abandon ?
A l’origine, le projet n’est pas destiné aux voyageurs, mais a pour but d’essayer de sortir l’économie sucrière de la grave crise dans laquelle elle est entrée depuis les années 1865. La ligne a donc pour objectif de traverser les terres à canne, et de desservir la petite cinquantaine d’usines qui survivent de 1870 à 1914 (30). C’est pourquoi le train est étroit (voie métrique) et lent, et les wagons seront toujours petits et inconfortables. Cette faible compétitivité face à la route, dès les années 1920, est l’une des causes de son échec final, mais ce n’est pas la principale. Il faut aussi rappeler que la gestion du chemin de fer a été fortement pénalisée par les difficultés du port de la Pointe des Galets auquel il était associé, et qu’il a pu paraître à l’époque aux yeux des milieux conservateurs, dans une île qui faisait l’apprentissage des luttes syndicales, comme un noyau de contestation, de grèves et de désordre social. Dès lors, le Conseil général a été de plus en plus réticent à abonder ses déficits répétés, plus encore à le moderniser. Bien que sa gestion ait été séparée de celle du Port en 1951, la suppression du chemin de fer est votée en 1954 et va se faire en trois temps. En 1957 la branche Le Port/Saint-Pierre est fermée ; en 1963, c’est au tour de la section Saint-Denis/Saint-Benoît, suite à l’ouverture de la « rout’ en cornis’ » chantée par le prince du séga, Michel Admette ; en 1976, c’est le dernier tronçon « de secours », La Possession/Saint-Denis, utilisé en cas de fermeture de la « rout’ en cornis » qui est fermé à son tour, suite à l’ouverture de l’actuelle route du littorale. L’aventure du train aura duré 94 ans, ayant plus marqué l’imaginaire des Réunionnais que véritablement contribué au développement économique de l’île.
Vos réactions :
il y a 2 réactions. TRAM-TRAIN-REUNION : L’ESPOIR
TRAM-TRAIN-REUNION : 'L'engagement loyal'.Un consensus autour du tram-train-Réunion est vital pour nous tous. Tram-train-Réunion : Une solution aux problèmes d'urbanisation. La balle est dans le 'bon camp',quitte à y apporter quelques 'ajustements'.Tous ensemble, allons plus vite et plus loin. Avançons.
L’histoire se répète-elle ?
Tram-train : l'espoir !
De grâce, pas de requiem, pas de messe solennelle pour l’âme d’un bien -portant. Le tram-train est bien là , bien vivant. Il est prêt. Il a besoin seulement d’un coup de pouce pour le 'booster'. QQ petits réajustements et le tour est joué pour le faire redémarrer. Des projets existent partout en Europe,serions-nous à la traîne et aveugles pour bouder ce concept. De grâce,ne sortons pas le canif de son fourreau,gardons notre calme. Nos anciens ont tout fait pour faire siffler ’le petit train longtemps’.Nous avons tout détruit. Tout a disparu au profit des lobbies industriels. Notre patrimoine ferroviaire est parti en fumée. Aujourd’hui, serions-nous plus bêtes que nos aïeux ? Nous avons raté le coche,comment faire pour nous rattraper ? A mon avis,"tout est possible pour celui qui croit, par des délais,des difficultés et des impasses. Mettons notre foi à l’épreuve et en actions" et tout ira mieux pour nous-mêmes. Le tram-train est une chance pour nous tous et les avantages sont multiples.’Gain de temps, trajet à moindre coût, réduction d’impact de nuisances, moins de stress et réduction significative des émissions de co2’ De plus, il participe à la grande ambition de l’énergie propre,fortement soutenue par l’Etat et offre à nos enfants de milliers d’emplois. Mieux encore, il fera avorter ’le coma circulatoire’ qui empoisonne notre vie quotidienne. Vraiment,ce nouveau mode de transport ouvre la voie à des perspectives nouvelles, à des nouvelles habitudes pour se déplacer sans nier la marche à pied,le vélo, 'les rollers' et les autres moyens de transports collectifs. Alors ,le maillage des bus’ devient nécessaire et complémentaire. ll doit se greffer sur une infrastructure globale et réfléchie,créant à cet effet une dynamique économique et sociale tant attendue par tous et favorisant un trait- d’union entre le tram-train et les autres moyens de transport en commun,y compris les taxis. Une page nouvelle vient de s’ouvrir,elle ne sera complète,bien remplie que si une nouvelle approche psychologique se met en place pour amorcer un développement harmonieux et stable. Rien ne peut se faire sans changement de comportement. J’ai confiance en la nouvelle équipe fraîchement élue et j’espère qu’elle puisse prendre des décisions justes sans vouloir "tailler à coups de machette" les débuts de réalisations ou "gèler les chantiers déjà ouverts"Bien au contraire. Au nom du concept du Développement durable,une nouvelle ère est née,une nouvelle économie s’ouvre devant nous. Revenir à l’utilisation ferroviaire permettra encore davantage de réduire notre dépendance de pétrole. Vouloir faire reculer le tram-train,c’est s’enfoncer encore un peu plus dans la galère et rendre la chose plus compliquée, plus onéreuse. Quel gâchis ! Que de temps perdu ! Serions-nous capable de prendre le tram-train demain et rendre hommage et une gloire posthume à toute l’équipe, à ceux qui l’ont cru,réajusté,financé et réalisé.’La Réunion,terre de travail, d’innovation et d’excellence est en marche pour gagner, elle gagnera, j’en suis sûr. Le défi est lancé. Sans plus attendre,bouclons son plan de financement pour faire siffler le tram comme nos 'gramounes'. Avançons. QQ chiffres à retenir. Dans 20 ans, l'ile pilote aura : +1 000 000 d’habitants +800 000 voitures + 6000 kms de route .Sans projet phare,'l'ile d’excellence’ va droit dans un mur. La perle de l’océan indien aura du mal à éviter tous les ennuis. Aujourd’hui,C’est déjà ’la cata’. Demain, sans réforme expérimentale, même des autorités organisatrices de droit auraient du mal à lancer une concertation sérieuse sur le fonctionnement futur du transport public dans les politiques d’aménagement global du territoire. De grâce,évitons ’la cata’ et ’le coma’. Avançons. "La copie doit être revue et corrigée". A propos des bus : Le maillage des bus 'est nécessaire et complémentaire. Mais rien ne peut se faire sans l'ouverture d'une politique forte basée sur l'utilisation des moyens de transports collectifs au détriment des moyens individuels , sans une approche réfléchie qui incite les usagers à changer leurs habitudes,leur comportement et cela bien au delà des infrastructures, bien au delà de l'aménagement du territoire. Pour diminuer les impacts négatifs des déplacements actuels à la Réunion et réussir le véritable alternatif au tout-automobile, tout doit être repensé, tout doit être mis en oeuvre pour plus de sécurité ,plus de garanties sur nos routes. Redynamiser l'économie réunionnaise. Commençons par le commencement. Pour désenclaver les 'quartiers hors-normes' et faciliter la déserte des grands équipements( hôpitaux, gares, pôles administratifs et universitaires etc...) j'ai hâte de voir sortir de terre des grands projets de transports collectifs en site propre, même si cela devait être impopulaire pour certains de nos élus. Avec l'appui de l'Etat et un peu de bonne volonté, tout peut-être possible, sans vouloir même toucher à 'des projets existants'. Je fais allusion à des nouveaux projets qui répondent à des critères sociaux , environnementaux et normes 'socio-économiques'. C'est une attitude courageuse et responsable. L'histoire se répète-t-elle ? « Non, l'histoire ne peut jamais se répèter. L'histoire est un progrès continu... » OUI au tram-train. OUI aux bus OUI aux autres moyens de transports collectifs en site propre.
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