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Les 5 tendances de consommation pour 2010
Publié : lundi 5 avril 2010 à 07:05
Tendances, vous avez dit tendances ? Oui, c’est le nom de ce blog et le cœur de ma réflexion aujourd’hui. Voici en cinq points ce que devrions voir fleurir cette année.
La recherche du thème « tendances » sur Internet permet de trouver de nombreuses listes énumérant des nouveaux produits et comportements qui devraient bouleverser notre quotidien …… hum, parmi ces listes à la Prévert je vous laisse découvrir celle-ci décrivant les 10 « best of » pour cette année :
1- La télévision en 3 dimensions
2- La tablette électronique.
3- Le faite-le vous-même.
4- Le bacon partout.
5- Le shampoing sec.
6- Le marketing de la nostalgie.
7- Les boissons anti énergétiques.
8- Le lait de coco.
9- L’argent mobile.
10- Le mensonge nutritionnel.
Si la télé 3D va sûrement faire son apparition, elle ne sera sans doute pas dans le salon de la majorité des foyers cette année compte tenu des prix de vente annoncés ! La télé sur Internet se développera sans doute davantage en 2010 car elle est en phase avec les nouveaux modes de consommation des médias (disponibilité immédiate et à la demande avec un large choix de programmes et d’émissions) … ce à condition bien sûr d’avoir un débit Internet suffisant ! Cette évolution sera donc nettement moins marquée chez nous, elle risque même de rester confidentielle, ce malgré les améliorations annoncées par les FAI.
Le faite-le vous-même s’inscrit par contre dans nos nouvelles habitudes permettant à la fois de prendre du plaisir et d’être fier de ce que l’on fait, ce tout en limitant ses dépenses ; en atteste en particulier les ventes de machine à pain dans les grandes surfaces réunionnaises.
Quant au bacon, au shampoing sec, et la mode lait de coco dans tous les plats culinaires, je suis plus dubitatif sur les fondements et la réflexion de celui qui a élaboré cette liste.
Le mensonge nutritionnel ne me semble pas vraiment une nouveauté et je prédis une courte vie aux marques qui prennent cette voie, comme toutes celles qui cherchent à tromper le consommateur, cela ne durera qu’un temps, on est de plus en plus expert et de moins en moins dupe.
L’année 2009 a été charnière pour la consommation et 2010 réserve probablement encore quelques surprises. Les comportements observés semblent évoluer en accéléré. La réponse à la crise a nécessité d’adapter sa façon d’acheter et de consommer. Après l’hyperconsommation puis l’hyper choix (les marques ont tellement développé de produits et d’options que l’acheteur s’est retrouvé perdu et réclame en conséquence plus de simplicité et de clarté dans l’offre, nous voici dans l’hypo consommation.
Et oui, à chaque évolution majeure correspond une nouvelle terminologie. L’hypo consommation, c’est la volonté de consommer moins ; tous les postes de dépenses sont scrutés minutieusement, l’objectif des consommateurs étant clairement de les réduire tout d’un coup ou progressivement.
Mais attention, l’envie de consommer perdure, et l’attachement aux marques est encore présent même s’il s’érode. Le plus souvent, on réduit la consommation de certains produits (les produits grande consommation) pour pouvoir s’en offrir d’autres et se faire plaisir (dans les secteurs média, communication, loisirs…).
Réalisons maintenant un petit tour des tendances que l’on devrait voir se développer d’ici la fin de l’année :
1. Le retour aux fondamentaux
La quête de l’essentiel n’a jamais été autant d’actualité. On apprend à moins consommer n’importe comment, à se concentrer sur le basique. Désormais la plupart d’entre nous se pose davantage de questions comme : « Est-ce que j’en ai vraiment besoin ? » ou « Est-ce que c’est solide, de bonne qualité, est-ce que cela va durer longtemps ? ».
Le succès du nouveau magasin Uniqlo, ouvert début octobre à côté des Galeries Lafayette à Paris, illustre cette envie de dépenser utile. Cette enseigne japonaise offre des basiques, des sous-vêtements aux pulls en cachemire, alors que les enseignes ne surfant que sur la mode rencontrent moins de succès. Que propose Uniqlo pour être plus attractif ? Design simple et qualité à petits prix, des jeans à 10 € très compétitif à côté de l’offre des magasins concurrents comme H&M ou Zara. Le concept se résume ainsi : « Plus besoin de parcourir le monde, ni de dépenser des fortunes pour être à la mode ! »
Les enseignes et les marques réunionnaises qui s’en sortiront donc le mieux seront celles qui offriront une promesse simple : de la qualité à bon prix, le tout soutenu éventuellement par une bonne campagne de publicité avec un zeste de créativité mais une mise en scène ou chacun d’entre nous peut se retrouver, un effet miroir en toute simplicité, sans vanter l’inaccessible ou des situations abracadabrantes.
Aujourd’hui, il faut être plus que jamais dans le quotidien de chacun, en proposant des produits attractifs à l’achat tout en continuant de se faire plaisir.
2. Des magasins de moindre taille
En métropole, le consommateur veut faire ses courses près de chez lui. C’est un critère important pour 78 % d’entre eux et la moitié des acheteurs rêve de pouvoir y aller à pied ou en transport en commun, contre seulement 30 % en 2002. C’est l’un des facteurs faisant souffrir les centres commerciaux dont la fréquentation était en baisse en 2009 selon leur Conseil National. Si la situation est un peu différente à la Réunion ou « les temples de la consommation » attirent encore les foules, il se pourrait bien que l’on s’oriente également vers une fréquentation accrue des magasins de moindre importance, qui offre moins de choix, « pour ne pas être tenté », « pour se concentrer sur sa liste de course et ne pas acheter du superflu » ; le développement des petites surfaces alimentaires Vival aux 4 coins de l’île suit cette tendance et devrait faire une concurrence rude à la boutique chinoise, ces magasins d’un nouveau format remplaçant souvent une ancienne boutique.
L’avenir pour les courses quotidiennes n’est il pas d’avoir plus de petits supermarchés dans les quartiers d’habitation et une visite dans les centres commerciaux moins fréquente ?
3. La perte de repères face au prix
Le consommateur veut en avoir pour son argent ! Et ce aujourd’hui encore plus qu’hier ; et pourtant parfois on n’a peu de repères en matière de prix, en particulier lorsqu’il s’agit d’un produit que l’on n’achète pas tous les jours. Il faut dire qu’il y a de quoi se perdre et on se demande bien à qui on peut se fier : les promotions tous azimuts, les prospectus racoleurs, l’instauration des soldes de façon régulière qui multiplient les occasions d’étiquettes en baisse, la bataille des enseignes pour se positionner comme étant la moins chère, la différence de tarifs entre Internet et les magasins réels …
Qui croire ? Comment expliquer les différences parfois énormes (plus de 50% d’écart voire davantage !) d’un magasin à l’autre ? Quand ce n’est pas une baisse dans le même magasin d’une semaine sur l’autre. On a tous connu cette expérience et il y a presque de quoi hésiter à chaque achat. Cette comparaison des prix s’inscrit dans une logique de plus en plus quotidienne. Pour certains d’entre nous, cela devient une nécessité même pour les courses quotidiennes au regard du budget de plus en plus serré, mais même parmi les foyers les plus aisés, faire des économies devient une habitude ancrée. Le must n’est il pas de raconter à ses amis la bonne affaire que l’on vient de réaliser ? Et quelle déception si on découvre plus tard qu’il y avait encore une meilleure occase ? La comparaison des prix n’a jamais été aussi forte et l’achat malin, voire la débrouillardise pour le dépêcher n’a jamais été aussi présente.
4. La montée de l’occasion
Vendre, acheter ou échanger des produits d’occasion est entré dans les mœurs. Les tabous qui subsistaient sont en train de tomber. La revente de cadeaux de Noël par petite annonce ou sur Internet vient d’en témoigner, avec un nombre de produits proposés jamais égalés. Mais ce phénomène semble prendre de l’ampleur au-delà des fêtes. Ces transactions entre particuliers peuvent prendre d’autres formes comme les vide greniers ou les boutiques de dépôts vente. Et en plus, ce goût pour le commerce entre consommateurs participe aussi de la volonté de recycler et de remettre dans la boucle des produits dont on n’a plus l’usage. Un argument qui renforce celui du prix réduit.
5. Le durable : oui, mais !
Le développement durable sous toutes ses formes a pris de l’importance. Le souci de l’environnement et la fabrication des produits dans le respect de l’Homme et de la Nature prend de l’ampleur mais toutes les marques le revendiquent de plus en plus et on risque fort de se retrouver dans la même situation que les labels ; accordées à tellement de marques, ils ne constituent plus un « plus » pour le consommateur mais un standard.
Le Bio progresse mais ti lamp ti lamp : encore « oui, mais ! » Ces produits ne représentent toujours que 2 % à 3% du budget des ménages. Tout le monde est pour (comme le développement durable !) mais on continue à constater un décalage important entre les déclarations d’intention (l’envie) et la réalité des ventes (plombée par les prix plus élevés).
Sur un autre registre, les ventes de voiture électriques ne décolleront que le jour ou leur prix sera proche de la bonne vieille voiture à moteur atmosphérique.
Notons que le consommateur est parfois plus rapide que les marques ou la volonté politique. Deux exemples en ce sens : d’abord, les réunionnais ont approuvé et ont été peu perturbés par la suppression des sacs plastiques dans les grandes surfaces. Second exemple, le tri sélectif devient un geste adopté par de nombreux foyers. Certes les dépôts sauvages subsistent et nos sites magnifiques sont parfois tristes à voir le lundi matin après le week-end mais des progrès sont cependant constatés.
Rendez vous en fin d’année pour faire un bilan sur ces 5 tendances.
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