
Les enjeux du tourisme
René Barrieu a été directeur du Comité duTourisme de la Réunion (CTR) de 1990 (...) En savoir +
Océan Indien : bilan 2009 en 3 S
Publié : samedi 23 janvier 2010 à 22:09
- Modifié : 23/01/2010 à 22:11
Non, il ne s’agit pas du classique triptyque de l’exotisme (sea, sun, sand) même si celui-ci garde toute son attractivité et doit faire fantasmer, en ce passage de 2009 à 2010, nombre d’européens refroidis par des températures et des conditions de vie hivernales. Les 3 S se résument ainsi : sanction, satisfaction et soulagement.
Dans le cas présent, ces 3 S résument et symbolisent les sentiments des responsables et acteurs touristiques des principales destinations du sud de l’Océan Indien (Madagascar, Maurice, Réunion, Seychelles) au terme d’une année marquée principalement par les effets de la crise économique mondiale.
« S » comme SANCTION pour Madagascar
« S » comme SATISFACTION pour La Réunion
« S » comme SOULAGEMENT pour Maurice et les Seychelles
Dure année pour Madagascar et bilan touristique désastreux même si à ce jour aucun chiffre définitif n’est publié. Mais la tendance a été annoncée en novembre dernier lors des Assises du tourisme : chute de 56 % des arrivées et de 50% des recettes sur les 10 premiers mois 2009. Un renversement sur la fin de l’année étant peu probable, il faut s’attendre à un bilan 2009 en deçà de 200 000 arrivées (contre 378 000 en 2008). La reprise progressive ,amorcée en 2004 après les évènements de 2002, est brutalement stoppée
L’histoire se répète et une fois de plus l’activité touristique confirme sa sensibilité extrême et sa réactivité immédiate à toute perception d’insécurité. Ce n’est pas l’instabilité politique en elle-même qui est pénalisante, mais les troubles qui peuvent l’accompagner et les images médiatiques que ces derniers entraînent
Le tourisme d’aventure n’est pas celui de la mésaventure : en cas d’insécurité publique ou sanitaire, la sanction tombe immédiatement.
Pour 2009, la grande île le paie au prix fort, accumulant crise mondiale et crise interne.++++
La Réunion respire
A l’opposé, bilan de satisfaction affiché à La Réunion même si ,du fait des méthodes d’enquête (INSEE) , les résultats définitifs 2009 ne seront connus qu’en mars prochain. Mais les chiffres du 1er semestre ont donné le ton (fréquentation globale en hausse de 6 %) et à priori, la tendance s’est confirmée sur le 2ième semestre. La destination Réunion inscrira un bilan global positif, lui permettant de retrouver le score « avant chick » de 2005 (franchissement de la barre symbolique des 400 000 touristes) et pourquoi pas de rejoindre les bilans records du début des années 2000 (autour de 430 000 arrivées) .
Ce bilan n’est pas une surprise (voir chronique du 1er novembre « la revanche du chikungunya ». La Réunion a pris en 2009 les bénéfices d’un marché français qui constitue 80 % de sa clientèle et qui, à ce jour, face à la crise, a mieux résisté que d’autres dans sa consommation de voyages (à l’inverse par exemple de l’Allemagne et du Royaume-Uni).
Pour le reste, comme l’ensemble des destinations La Réunion a subi certains contrecoups de la crise (baisse du tourisme d’affaires, du tourisme étranger). Mais comme ces postes ne sont pas déterminants dans la clientèle actuelle, l’impact est marginal sur le bilan global (à la différence de la situation de Maurice et des Seychelles).
Il convient cependant d’attendre le détail des chiffres de l’activité 2009 pour conforter ou à l’inverse relativiser l’affirmation (cf. lettre IRT décembre 2009) de « bonne santé » du tourisme réunionnais.
Les chiffres « d’avant le chick » se retrouveront-ils dans la proportion de touristes d’agrément (révélateurs de l’attractivité et de la compétitivité d’une destination) dans la part des voyages à forfaits (révélateurs de l’intérêt porté à la destination par les réseaux de ventes) dans la fréquentation hôtelière (premier secteur créateur d’emplois touristiques) ?
Sur ce dernier point, rien n’est moins sûr, car les enquêtes mensuelles publiées à ce jour par l’INSEE (janvier-octobre 2009) révèlent, au contraire, un niveau d’activité inférieur à celui de 2008 (lui-même largement à la baisse par rapport à 2005 du fait d’une perte de capacité hôtelière d’environ 30 % après le « passage » du chik).
Par ailleurs sur les îles de l’océan indien (Comores, Madagascar, Maurice, Mayotte, Réunion, Seychelles) La Réunion profite de l’effondrement de Madagascar pour conforter sa place de second et gagner des parts de marché : de 20,5 % en 2008, elle passe à 25 % en 2009. Mais, elle est loin de retrouver les 30 % du début des années 2000, car entre temps le leader Maurice, malgré sa « parenthèse » 2009, a accentué son avance en décrochant l’ensemble des îles.++++
Maurice et Seychelles sont soulagées
C’est un « ouf » de soulagement que pousse l’ensemble du secteur touristique, public et privé, tant à Maurice qu’aux Seychelles, au vu des chiffres définitifs 2009 qui viennent d’être dévoilés (ah, combien les contrôles de circulation des personnes, au travers des fiches d’entrée sur le territoire, favorisent la précision et la rapidité des statistiques touristiques).
Pour ces 2 destinations le scénario a été quasi identique : un début d’année catastrophique, une fin d’année positive permettant de limiter les dégâts sur l’ensemble des 12 mois et d’afficher un optimisme serein sur les mois à venir.
Les Seychelles bouclent 2009 avec une baisse des arrivées limitées à 1 % (158 952 en 2008). Après une chute de 12 à 16 % au cours du 1ier trimestre, la situation s’est stabilisée et la reprise s’est confirmée à partir de septembre (hausses mensuelles supérieures à 7 %, avec un record en novembre à +11 %). En terme de marchés, la France s’est maintenue, la Royaume Uni et l’Allemagne ont baissé, l’Italie et la Russie (désormais 5ième marché) ont fortement progressé.
L’embellie semble se poursuivre, la période 17 décembre/17 janvier 2010 affichant une augmentation des arrivées de 7 %.
Maurice de son côté annonce 871 356 touristes pour 2009 soit une perte de 6.3% sur 2008. Soulagement des autorités qui en début d’année, tablaient sur un résultat de 840 000 touristes. Sur les 9 premiers mois, la baisse a été de 9.7 % mais la croissance est revenue en novembre et décembre, qui ont affiché des scores records. Seuls 2 marchés émetteurs (France métropole et Réunion) ont été en positif de janvier à décembre, avec une progression sur l’année de +6 % et + 9.1%.
Il faut y voir le résultat d’offres hôtelières attractives soutenues par une forte présence médiatique.
A signaler que sur le seul mois de décembre, ces 2 marchés font +20% et, d’après les propos du ministre mauricien du tourisme, ils devraient confirmer leur bonne tenue en janvier 2010.
Il estime, par ailleurs, que 2009 aura testé la capacité de l’industrie touristique mauricienne à faire face à l’adversité et aura démontré l’efficacité du partenariat public privé. Maurice a certes souffert en 2009 (baisse des arrivées, des recettes, des revenus hôteliers) mais la destination remonte la pente et attaque 2010 avec confiance, se fixant même un objectif de 1 million de touristes.++++
La question de la semaine …
Qui a livré au Président de la République le chiffre de 200 000 touristes annuels à La Réunion, prononcé dans son discours du 19 janvier à Saint-Pierre ?
Un conseiller « accablé » par la chaleur tropicale et ayant fait la confusion avec la fréquentation du seul 1er semestre 2009, dernier chiffre officiel publié ?
Un professionnel « intégriste » ayant pris en en compte les seuls touristes consommateurs d’hébergement marchand, en excluant par principe la quasi-totalité des affinitaires ?
Ou bien hypothèse certes plus fantaisiste, un fonctionnaire de police » zélé » spécialiste du comptage des manifestants et divisant systématiquement par 2 tous les chiffres ? Mystère !
Vos réactions :
il y a 4 réactions.AIR AUSTRAL
Ayant voyagé avec la compagnie Air Austral, à mon arrivée à Madagascar, il me manquait mon bagage de soute, comme à une dizaine d'autres passagers.
Nous avons dû attendre quatre jours pour retourner à l'aéroport et récupérer nos bagages. Ce qui a engendré des modifications de planning et nécessité certains achats.
Dès mon retour à La Réunion, j'ai contacté Air Austral pour leur demander un supplément d'indemnisation ( 30euros ) puisque le montant de mes dépenses dépassait le montant forfaitaire alloué à Madagascar ( équivalent 30euros ). Leur décision définitive m'a été communiqué un mois après ma demande initiale.
Je vous joins leur courrier où, en résumé, ils trouvent ordinaire ce genre de situation, et où ils contraignent en quelque sorte, leurs malchanceux clients, à leur rester fidèles, en se contentant de points de fidélité dont la valeur est, du reste, ridicule ( 150points )...
Sainte Marie, 09/02/2010 Monsieur,
L'image d'une compagnie aérienne repose en grande partie sur ses prestations et l'une des préoccupations majeures d'Air Austral est de limiter le plus possible les irrégularités sur ses vols Cependant le traitement des bagages est soumis à des ruptures de charge et à l'occasion des phases de chargement et déchargement, les bagages peuvent être ponctuellement retardés.
Au nom d'Air Austral, nous vous présentons toutes nos excuses à ce sujet.
Suite à la livraison différée de votre bagage, nous vous avons déjà proposé à Tamatave une somme forfaitaire de frais de premières nécessités. Ce forfait ne couvre pas forcément les frais engagés par les clients.
En outre, conscients des désagréments vécus lors de votre voyage, nous avons le plaisir de vous informer que votre compte Capricorne a été crédité de points bonus. Cette opération figurera sur votre prochain relevé.
Nous espérons que cet épisode ponctuel ne remettra pas en cause l'image que vous aviez de notre Compagnie et souhaitons vous accueillir à nouveau sur nos lignes.
Veuillez croire, Monsieur, en l'assurance de notre considération distinguée.
Philippe WITZ Service Relations Clientèle
AIR AUSTRAL
Ayant voyagé avec la compagnie Air Austral, à mon arrivée à Madagascar, il me manquait mon bagage de soute, comme à une dizaine d'autres passagers.
Nous avons dû attendre quatre jours pour retourner à l'aéroport et récupérer nos bagages. Ce qui a engendré des modifications de planning et nécessité certains achats.
Dès mon retour à La Réunion, j'ai contacté Air Austral pour leur demander un supplément d'indemnisation ( 30euros ) puisque le montant de mes dépenses dépassait le montant forfaitaire alloué à Madagascar ( équivalent 30euros ). Leur décision définitive m'a été communiqué un mois après ma demande initiale.
Je vous joins leur courrier où, en résumé, ils trouvent ordinaire ce genre de situation, et où ils contraignent en quelque sorte, leurs malchanceux clients, à leur rester fidèles, en se contentant de points de fidélité dont la valeur est, du reste, ridicule ( 150points )...
Sainte Marie, 09/02/2010 Monsieur,
L'image d'une compagnie aérienne repose en grande partie sur ses prestations et l'une des préoccupations majeures d'Air Austral est de limiter le plus possible les irrégularités sur ses vols Cependant le traitement des bagages est soumis à des ruptures de charge et à l'occasion des phases de chargement et déchargement, les bagages peuvent être ponctuellement retardés.
Au nom d'Air Austral, nous vous présentons toutes nos excuses à ce sujet.
Suite à la livraison différée de votre bagage, nous vous avons déjà proposé à Tamatave une somme forfaitaire de frais de premières nécessités. Ce forfait ne couvre pas forcément les frais engagés par les clients.
En outre, conscients des désagréments vécus lors de votre voyage, nous avons le plaisir de vous informer que votre compte Capricorne a été crédité de points bonus. Cette opération figurera sur votre prochain relevé.
Nous espérons que cet épisode ponctuel ne remettra pas en cause l'image que vous aviez de notre Compagnie et souhaitons vous accueillir à nouveau sur nos lignes.
Veuillez croire, Monsieur, en l'assurance de notre considération distinguée.
Philippe WITZ Service Relations Clientèle
réponse à Pascalou
sensible à ton message et merci tes encouragements.Effectivement Maurice a cartonné sur décembre.La hausse forte sur l'Afrique est due aux scores de Réunion et AfSud,qui font plus de 90% du trafic en provenance de cette zone.Attendons les chiffres de janvier qui devraient confirmer au moins sur la première quinzaine,en particulier sur l'origine Réunion.Bien à toi.RJB
réponse au 3 S
tres belle analyse,(ex)monsieur le directeur du CTR,une donnée interressante toutefois,rien que pour décembre 2009:la France + 20% 33 781 arrivées ;Réunion + 20.3 % 14 412 arrivées ;afrique du sud + 27.9 % 14 220 arrivées ;l'Inde +20.6% 4502 arrivées ;singapour +22.5 % 278 arrivées ;la suisse + 8.1 % 1701 arrivées ;canada + 4.6 % 428 arrivées ;la kenya + 9% 169 arrivées. dans l'ensemble le continent Europe pour la CBS note une baisse de 4.7% pour l'année mais une hausse de 2.1 % pour décembre.chiffre interressant rien que pour le continent Africain la hausse est de 18.7 % pour 2009.amitiés Pascalou et continu ton blog est tres interressant.
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