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Les enjeux du tourisme
René Barrieu a été directeur du Comité duTourisme de la Réunion (CTR) de 1990 (...) En savoir +
Maurice : destination sac à dos
Publié : jeudi 6 mai 2010 à 05:55
Titre caricatural et provocateur ? Je l’admets volontiers. Mais,ni plus,ni moins que l’image colportée durant des années d’une Réunion sac à dos (île rando bas de gamme) face à Maurice sac croco (île glamour haut de gamme).
Comparaison facile mais peu représentative de la réalité de la fréquentation touristique des îles sœurs : les VIP (touristes de luxe dans les palaces) ne sont qu’une faible minorité de la clientèle à Maurice, de même pour les VIR (Very Intense Runners, purs et durs de la montagne) à La Réunion.
Quand Maurice passe au vert
Au-delà de l’excès, ce titre est prétexte à s’arrêter un instant sur une réalité incontestable, à savoir la diversification de l’offre touristique mauricienne. Un fait récent symbolise cette évolution : l’île sœur vient de participer pour la première fois au salon Destinations Nature, nouvelle appellation de l’ex-salon de la Randonnée, manifestation fétiche de l’île intense durant des années. Pour reprendre les commentaires de la presse de Port-Louis, l’île glamour a dévoilé à cette occasion, son « cœur vert », offrant « entre forêts, vallées, montagnes , cascades… des panoramas époustouflants… un terrain de jeux fantastiques pour la pratique d’activités sportives et de loisirs … » A quelques accents près, on retrouve les anciens messages publicitaires de l’île intense.
Simple « verdeur » d’opportunité pour être tendance et ratisser large sur le marché français, premier réservoir de clientèle ? Pas du tout ; bien au contraire cette présence sur le terrain des destinations « vertes-actives » est dans la logique d’une évolution qui n’est pas sans conséquence sur la complémentarité Réunion-Maurice si souvent célébrée. Depuis plus de 10 ans, Maurice multiplie en effet efforts et initiatives pour sortir de la carte postale réductrice de l’exotisme balnéaire : aménagements de sites naturels, création de produits sports-nature, lancement d’évènements sportifs (Royal Raid, Triathlon de l’océan indien), commercialisation de séjours multi-actifs, mise en avant des atouts verts dans les guides touristiques, sur Internet ,dans les brochures T.O.
L’ambition est rappelée par de récents articles de presse « Maurice veut être sur la carte internationale des destinations sports-nature... se placer dans le calendrier des raids en montagne… »En quelque sorte , Bienvenue aux sacs à dos ! Et, tout autant que les images de people se prélassant sur la plage d’un palace est désormais apprécié le reportage d’un magazine spécialisé allemand qualifiant Maurice de destination idéale pour le triathlon.
Du vert actif sur le bleu farniente
Cette vocation verte ne s’épanouit pas au détriment du capital bleu : lagon, plage et soleil continuent d’être la base du tourisme mauricien. Rien de plus justifié car les études de clientèles (Survey 2004,2006) confirment que pour la très grande majorité des touristes, l’image tropicale classique demeure l’attente n°1( le mythe de l’île paradisiaque n’est pas mort !). Ne pas se limiter à la plage (pour échapper au bronzer idiot) ne signifie en aucun cas exclure la plage. Quand Maurice communique sur le vert, elle s’appuie sur un socle bleu solide et l’enrichit. A trop communiquer sur le vert, La Réunion, à l’inverse, risque de donner l’impression de vouloir compenser un bleu déficient.
Certains objecteront, non sans raisons, qu’il n’y a pas « photo » entre le vert-Réunion et le vert-Maurice, tant en terme de sites que d’activités. Mais toujours est-il qu’en quelques années la destination glamour est sortie d’un « ghetto plage » réducteur pour offrir à ce jour une promesse à large palette : du bleu, du repos, du vert, des activités….Ce n’est cependant pas une exclusivité dans l’univers des destinations exotiques .En 20 ans, la plupart sont passées d’une promesse unique (plage-cocotier) à une promesse multiple (ne rien faire et tout faire). Cette tendance à l’uniformisation des promesses justifie d’ailleurs la création , pour se différencier, de véritables marques-destinations qui veulent exprimer bien plus que la simple juxtaposition de produits plus ou moins comparables.
Et le combiné Maurice –Réunion ?
Personne ne conteste que l’ouverture de La Réunion sur des clientèles étrangères passe, au moins dans un premier temps, par l’attraction (et même la traction !) internationale de Maurice à travers des forfaits combinés. Précisons quand même que ces séjours existent depuis des années ; mais dans leur très grande majorité ils concernent une clientèle française métropolitaine. En cela, ils relèvent sans doute plus du sens Réunion---) Maurice que l’inverse (cf propos du ministre mauricien du tourisme en 2007 sur l’apport de clientèle via La Réunion). Au delà des déclarations sur le bien-fondé d’un partenariat pour développer ces produits inter-îles, la concrétisation de cette volonté et la réussite de la démarche supposent ,pour La Réunion, de répondre à une question : quel argument fort incitera un client étranger à étendre son séjour à La Réunion et un tour opérateur à associer l’île à sa programmation Maurice ?
En tout cas une certitude : ce ne sera pas la promesse d’une complémentarité entre un séjour vert-actif-découverte et un séjour bleu- repos-détente, car Maurice offre désormais la gamme complète. On pourra toujours argumenter sur certaines « spécificités » de tel ou tel produit , mais suffiront-elles à faire la différence pour un client potentiel résidant à 10.000 kms des 2 îles avec une vision souvent schématique des attraits d’une île lointaine ? En tout cas, belle problématique marketing !
Le chiffre de la semaine
1,7 milliard euros. C’est la facture pour le tourisme européen (source OMT) du passage des nuages du volcan islandais .A première vue montant impressionnant pour des pertes accumulées sur quelques jours (5 ans de recettes touristiques de La Réunion).Mais à l’échelle du tourisme international, ce n’est pas la catastrophe du siècle :à peine 0,2% des recettes annuelles. Pour rappel, le tourisme international (séjours et transports) représente chaque jour plus de 2 milliards euros de dépenses (source OMT).
Vos réactions :
il y a 1 réaction.pollution Ile Maurice
De retour de l'Ile Maurice, nous tenons à vous faire part de notre consternation concernant l'état catastrophique de l'Ile, à savoir son état de saleté par les diverses pollutions de la faune et de la flore. Des plages nauséabondes aux lagunes polluées en passant par les autorisations de construction de maisons permettant la pure et simple disparition de la végétation. Quel gachis !
L'image d'Ile idylique n'est vraiment pas au rendez-vous ! Quel vol ! Pour nous, c'est un manque de respect à la planète et aux êtres vivants en commençant par nous ! Vu les prix pratiqués dans cette ile, il est plus qu'évident pour que l'argent disparait quelque part.
Il est certain que l'ile viendra pleurer une subvention pour soigner les conséquences de cette politique désatreuse qui rangera l'Ile dans les territoires infréquentables. Nous rendrons public les différents reportages réalisés.
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