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Les enjeux du tourisme
René Barrieu a été directeur du Comité duTourisme de la Réunion (CTR) de 1990 (...) En savoir +
Cousins, cousines… bienvenue à Maurice !
Publié : dimanche 14 mars 2010 à 05:55
En franchissant la barre des 100 000 (104.946) les réunionnais obtiennent pour 2009 la médaille d’argent des clientèles touristiques dans l’île sœur, derrière la France métropolitaine (275 599), mais devant le Royaume Uni, relégué à la 3ième place.
Des chiffres de l’Office central des statistiques : International Travel and Tourism 2009. Pour rappel, Maurice affiche sur 2009 une baisse globale des arrivées de 6.3 % (871 356 touristes) et une perte de recettes supérieure à 13 % (36 milliards de roupies, soit environ 850 millions d’euros). Dans ce bilan de crise, seuls 2 marchés ont assuré un score positif tout au long de l’année : la France métropolitaine (+ 6 %) et La Réunion ( + 9.1 %).
Ce dernier résultat n’est pas le fruit du hasard. Il confirme et amplifie une progression régulière depuis des années, hormis la parenthèse du « chick »( de 84 000 en 1987 à 96 000 en 2008 , soit + 14 % en 10 ans), résultat d’actions promotionnelles soutenues par des offres attractives, engagées par les professionnels mauriciens.
Opération séduction
Cette politique de séduction des « cousins et cousines » a été particulièrement renforcée en 2009 dans le contexte international de crise économique.
Certes, Maurice n’abandonne pas son cœur de positionnement « d’île exotique d’excellence » sur les grands marchés lointains. Sur ce point précis, il suffit d’observer la réaction épidermique du Ministre du Tourisme, Xavier Luc DUVAL, à la suite d’un reportage sur une chaîne française (M6- émission Capital) laissant l’impression d’un produit Maurice, glissant vers le « low cost ».
Mais il est clair, dans la conjoncture actuelle, que les enjeux économiques (garantir les recettes) et sociaux (maintenir les emplois) conduisent à « ratisser » plus large. A ce titre, Maurice s’ouvre de plus en plus à sa clientèle locale (dès à présent elle pèse l’équivalent de 30 % des recettes touristiques extérieures) et veut tirer le maximum de son premier marché de proximité, La Réunion.
C’est dans ce contexte qu’en 2009 les promotions se sont multipliées sur le thème « Maurice n’a jamais été aussi proche ». Cela autour du triptyque classique : visibilité (présence médiatique), compétitivité (offres hôtelières attractives) , accessibilité ( quotas de sièges avion à prix d’appel, suppression de l’exigence du passeport).
Sans oublier un état d’esprit différent : de simple réservoir supplétif pour basse saison, La Réunion paraît désormais reconnue comme marché à large potentiel (tout au long de l’année et pour tous les types d’hébergement, du simple au luxueux). Pour preuve de cette évolution, les responsables mauriciens ont rassuré les agents de voyages réunionnais sur la mise à disposition de chambres en haute saison. Certes, il ne faut pas verser dans l’angélisme : cette nouvelle orientation a été favorisée, sous l’effet de la crise, par une surcapacité hôtelière et une baisse des taux d’occupation (61 % en 2009 contre 76 % en 2007).
En tout cas, fin 2009, les résultats étaient au rendez-vous : avec une hausse de 9.1%, la clientèle réunionnaise représentait 12 % de la clientèle touristique de l’île sœur (contre 10 % en 2008).
Un apport économique incontestable
Certes, d’après les enquêtes, un séjour réunionnais à Maurice rapporte 2 fois moins qu’un séjour français (métropolitain), allemand ou italien, ne serait ce qu’en raison d’une durée moyenne de séjour inférieure (7 nuits contre 10).
Les dernières publications statistiques ne livrent pas d’éléments précis sur le montant des dépenses par marché émetteur.
Mais en faisant référence au document « Survey of Outgoing Tourists 2006 » qui établit les budgets moyens par origine de clientèle, on peut, par extrapolation, estimer à environ 2.2 milliards de roupies l’apport de la clientèle réunionnaise à Maurice.
Ce chiffre la place, pour 2009, au niveau des recettes provenant de la clientèle italienne ou sud africaine.
Un profil atypique
Touristes de proximité, les réunionnais affichent quelques caractéristiques qui les distinguent des clientèles lointaines, en particulier européennes (source : Survey of Outgoing Tourists). C’est d’abord une présence plus forte sur certains mois (janvier, mai, juillet, décembre) , où ils peuvent représenter près de 20 % des touristes.
Autre point intéressant, mais sans surprise : 83 % des touristes réunionnais ont déjà visité l’île sœur (dont 41 % plus de 6 fois). A l’inverse c’est en général un premier séjour pour 70 à 90 % des européens. En terme d’hébergement, ils sont moins consommateurs d’hôtels ( 62 %) que les européens (de 80 à 96 % selon les nationalités).
Au niveau des dépenses, le touriste réunionnais se distingue par une part conséquente consacrée au shopping (25 %) alors que la plupart des européens n’y affectent que 10 % de leur budget.Comme l’ensemble des touristes, les « cousins, cousines »,dans leur très grande majorité, viennent pour des vacances, mais pour l’anecdote, ils ne sont que 1.5 % à séjourner en lune de miel contre 14 % en moyenne pour les européens.
Enfin, ils sont avant tout attirés par l’image tropicale de l’ile sœur mais à un score (41 %) bien inférieur à celui du rêve exotique des clientèles européennes. Ce qui se comprend aisément.
Poursuite de la lune de miel en 2010 ?
Réponse dans 10 mois. Mais d’ores et déjà les 2 premiers mois confirment la persistance de l’idylle : les arrivées des touristes réunionnais sont en progression de 12.9% par rapport à 2009.
Vos réactions :
il y a 3 réactions.j’en reviens...
Je reviens de Maurice et j'ai été un peu choqué par le prix des activités touristiques et le fait que "cousin-cousine" n'évite pas les arnaques ! Pour le prix "Mauricien" faudra repasser accompagné d'un ami local ... Tu paye pour la moindre sortie ou pic-nic plein tarif (en € !) pour un service tres moyen. Il est clair que Maurice cherche des touristes friqués pour remplir ces hotels 5 et 6 étoiles, pas des petits budgets... Sinon les Mauriciens sont toujours aussi sympas et ça reste un plaisir de vivre avec eux.
Tourisme
Penses tu que Vérges ne voulait pas développer le tourisme à la Réunion et qu'il travaillait seul ? Son intérêt comme tout politicien c'est de rester au pouvoir dont d'avoir un bon bilan à présenter . La critique est aisée l'art est difficile .Toutes les bonnes volontés sont les bienvenue. Au niveau tourisme la Réunion ne possède pas les plages paradisiaques de Maurice. Les touristes à la réunion sont en très grande partie des touristes dit infinitaires. Bien entendu des progrès restes possibles et des créations d'emploi certainement , mais un employé d'hôtel ds l'ile sœur touche mois qu'un RMIste ici niveau de vie oblige. En espérant que MDR trouve enfin cette recette miracle tend attendue.
Vergès que fais-tu ?
Réponse : RIEN. Je pense à mes intérêts personnels et tout pour ma famille.
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