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Les enjeux du tourisme
René Barrieu a été directeur du Comité duTourisme de la Réunion (CTR) de 1990 (...) En savoir +
2011 : un océan indien au parfum de vanille ?
Publié : lundi 24 janvier 2011 à 10:14
Au moment de réactiver ce blog,après une parenthèse de quelques mois,c’est d’abord un salut amical de retour que j’adresse à celles et ceux qui régulièrement m’ont fait reproche de ce long silence,provoqué par des contraintes professionnelles et personnelles (les étudiantes et étudiants de l’IAE/IUP Tourisme se reconnaitront !)
Et pourtant,l’actualité ne manquait pas,de la présence Réunion à l’expo universelle de Shangaï,en passant par la victoire au « Mondial » du patrimoine UNESCO et la relance de la coopération régionale avec les « iles Vanille ».C’est ce dernier sujet qui va « parfumer » cette chronique de rentrée,d’autant qu’il peut revenir à l’ordre du jour à l’occasion de la visite officielle à La Réunion du Premier Ministre mauricien.
Les « Îles Vanille »,nouvelle marque de la destination Océan Indien
Ce concept,lancé en aout 2010,se veut le drapeau et la signature du tourisme régional.L’objectif proclamé est de dynamiser le tourisme dans la zone en renforçant,par l’apport de cette nouvelle marque « ombrelle »,l’attractivité de chacune des îles.L’idée n’est pas nouvelle.Au delà des déclarations de principe,sa concrétisation a connu,depuis 20 ans,des hauts et des bas au gré des volontés ou réticences des acteurs publics et privés du secteur.
Mais,à part un engagement sur une série d’actions de promotion extérieure (brochures Océan Indien,stand commun sur des grands salons..),force est de reconnaître un manque d’enthousiasme collectif pour faire émerger et vivre une véritable marque touristique régionale.Qui plus est,la timidité de la Commission de l’Océan Indien et l’incompréhension marketing de l’Union Européenne (qui finançait un programme régional de développement touristique) n’ont pas contribué à « booster » les ardeurs.Par ailleurs,certains acteurs mauriciens,conscients,à juste titre,d’être la locomotive TGV (Tourisme à Grande Vitesse) de la zone,étaient réticents à tirer des wagons de 2ième ou 3ième catégorie( les autre îles !),au risque d’être freinés dans leur propre développement.
Aujourd’hui,Maurice se présente en chantre de la coopération régionale : ses responsables touristiques revendiquent haut et fort l’initiative du concept Iles Vanille (« un travail de pro ») et la responsabilité de mise en œuvre du programme marketing qui en découle.Grand élan d’amour régional,regain d’esprit de famille entre cousins ? En tout cas le traitement de ce dossier est un nouvel exemple de la légendaire réactivité mauricienne :démarche validée en quelques semaines,alors que 18 mois avaient été nécessaires en 2009/2010 pour faire émerger la nouvelle marque nationale « Maurice,c’est un plaisir ».
D’aucuns pourraient s’interroger sur les raisons d’une telle célérité.Pour ma part,j’en reste,à ce stade,à quelques remarques et questions,sans procès d’intention.L’avenir proche nous éclairera sur la portée réelle de ce projet :2011 sera-t-elle l’année d’un Océan Indien marqué tout entier d’un parfum de vanille ?
Le tourisme mauricien en mutation
Ce n’est sans doute pas un hasard si ce parfum se propage à un moment où l’île sœur,destination leader,est à un tournant de son développement touristique.Certes,avec près de 935000 arrivées,le bilan 2010 affiche un nouveau record de fréquentation (comme cela sera le cas pour Réunion et Seychelles).Satisfaction des responsables du tourisme , mais sans aucune euphorie.Le constat est en effet moins favorable sur le plan économique tant au niveau global (recettes) qu’au niveau des prestataires (situations financières délicates pour certains groupes hoteliers et petits établissements).
Nous verrons cela en détail dans la prochaine chronique consacrée au bilan 2010 Océan Indien.Qui plus est,les prévisions de croissance de fréquentation pour 2011 sont à la baisse (entre 3 et 4%,soit la moitié de la performance 2010).
Face à cette situation,la « machine » touristique Maurice réagit (voir les orientations budgétaires 2011).Certes,les objectifs 2015 (2 millions de touristes)paraissent désormais hors d’atteinte.Mais l’ambition d’être « the World’s best island » et le hub touristique de l’Océan Indien est intacte.
Pour le Ministre du Tourisme,le salut passe par une forte réorientation des marchés de clientèle avec une percée hors Europe.115000 touristes indiens et 100000 touristes chinois sont espérés en 2015 (contre respectivement 50000 et 7600 en 2010).
Et,c’est là que le concept « îles vanille » prend tout son sens,au regard notamment de la prospection du marché chinois,qui fait désormais l’objet de toutes les attentions.Le Ministre du Tourisme reconnaissait dans un récent interview que Maurice n’a pas un produit adapté aux touristes chinois.Ceux-ci n’ont pas ,en effet,une culture spontanée de la plage,privilégiant le shopping et les grands sites emblématiques (s’y faire photographier fait gagner en statut social).
Pour le shopping,Maurice s’est lancée dans un vaste programme « duty free island ».Pour les grands sites,une partie de la réponse a été trouvée La Réunion (« j’étais à Shangaï et j’ai fait la promotion de Maurice et du volcan de La Réunion » se plait à rappeler le ministre mauricien du Tourisme) :générosité régionale ou intérêt bien compris ?
Certains souligneront que l’un n’exclut pas l’autre !En tout cas,ce n’est sans doute pas un hasard si le concept des îles vanille a été présenté peu de temps après l’inscription des pitons,cirques et remparts de La Réunion au patrimoine mondial de l’UNESCO,conférant notre île une référence de « site mondial ».Saluons pour le moins la réactivité !
Quelle ambition pour les Îles Vanille ?
La nouvelle marque régionale serait-elle alors une simple opportunité pour élargir et renforcer la promesse Maurice sur le marché chinois (voire d’autres nouveaux marchés ) et séduire une clientèle qui passera la quasi-totalité de son séjour dans l’île sœur ?Ou bien sera-t-elle véritablement le fondement de mise en place de véritables produits combinés inter-îles (et équilibrés !) sur l’ensemble des marchés extérieurs où interviennent les différents partenaires de l’Océan Indien ,au premier rang desquels l’Europe ?
Pour ma part,je serai totalement rassuré sur l’ambition du « credo » régional,lorsque le drapeau des Iles Vanille authentifiera toutes les actions de promotion engagées par chacune des îles partenaires et en particulier les campagnes du secteur privé mauricien (son poids promotionnel est déterminant ,5 fois supérieur à l’investissement public).C’est à cette condition qu’une marque Océan Indien pourra s’imposer,bien plus que par le seul impact d’une campagne collective annuelle même de quelques millions d’euros.
Le lancement des opérations 2011 devrait rapidement apporter un début de réponse et témoigner de l’ambition réelle que chacun souhaite accorder à ce drapeau régional au parfum séduisant.
Vos réactions :
il y a 2 réactions.la vérité
C'est vraiment du n'importe quoi, les billets d'avion tournent autour de 900 euros et plus ( aide de la Région de 360 euros PAS POUR TOUS). Les ELUS, pour eux = gratuit,et pour leur famille= profit des "miles" ou autres pour voyages
Et le touriste la dedans va payer le prix fort alors que les actions de promotion coûtent très chers depuis des années pour quel résultat (à part peut être 2 ème semestre 2010)
merci les élus
Depuis des années, l'on parle d'actions de promotions sur les îles de l'OI C'est pourtant ici à la Réunion, une hypocrisie de voir que les prix des billets d'avion tournent autour de 900 euros avec qui le peut une aide régionale de 360 euros. Tout ceci pour cacher la vérité aux Réunionnais. Seuls les élus peuvent profiter( gratuits pour eux) ainsi que leur famille qui bénéficie des "miles" ou autres engendrés par tous les voyages des élus. QUI PAIENT TOUT CELA ??????
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